Marchés financiers : Bilan 2019 et perspectives 2020

Le bilan de l’année 2019

Les investisseurs peuvent être ravis, l’année 2019 marque une année record sur les marchés financiers. Portés par les banques centrales, les indices boursiers se sont envolés, le CAC40 enregistrant sa meilleure performance depuis plus de vingt ans (+26,5%). Du côté de Wall Street, il faut remonter à 1997 pour trouver une performance aussi spectaculaire. Comment expliquer cette véritable euphorie ?

Le rôle des banques centrales

La hausse des marchés actions ne peut pas être expliquée par une embellie de la croissance économique mondiale, qui a en effet ralenti sur l’année 2019.  Ni par une augmentation des bénéfices des entreprises, en baisse tout au long de l’année, ce qui n’a toutefois pas empêché une distribution record de dividendes par les sociétés du CAC 40 (50 Milliards d’euros). C’est l’action des banques centrales qui a été déterminante. Alors que le président de la Réserve fédérale américaine prévoyait de remonter ses taux directeurs, il les a finalement baissé trois fois au cours de cette année.

La progressive levée des incertitudes sur la guerre commerciale et le Brexit

La visibilité accrue sur les dossiers chauds de l’année 2018, comme la guerre commerciale et le Brexit, est souvent évoquée par les spécialistes pour expliquer cette formidable hausse. Et pour cause : l’un comme l’autre représentent des risques particulièrement importants pour l’économie mondiale. La diminution des risques politiques a fortement participé à la performance spectaculaire des marchés.

L’envolée des valeurs technologiques et « de croissance » 

L’année 2019 restera dans les esprits comme une année boursière à deux vitesses. Les investisseurs se sont rués vers les sociétés à croissance forte et prévisible, dont les valorisations ont tout simplement explosé. Par contre, ils ont délaissé les valeurs cycliques, décotées et les petites capitalisations. Le secteur technologique, pourtant moins flamboyant en Europe qu’à Wall Street, affiche une hausse de plus de 40 % cette année.

Les perspectives pour l’année 2020

Le rôle des banques centrales

Selon de nombreux avis d’experts, la politique accommodante des banques centrales devrait perdurer au cours de l’année 2020, ainsi que la politique de rachat de titres des entreprise côtées. Ces éléments sont de bon augure pour une évolution favorable des marchés financiers au cours de cette année. Toutefois, de nombreux éléments d’incertitude perdurent : l’évolution des négociations commerciales entre la Chine et les Etats-Unis, l’accord de libre-échange entre l’UE et le Royaume-Uni n’est toujours pas voté, les tensions géopolitiques dans le Golfe Persique ainsi que l’impact du coronavirus sur l’économie mondiale.

L’évolution des marchés boursiers

Ces éléments laissent envisager que la performance spectaculaire des marchés boursiers en 2019 ne pourra être rééditée en 2020. Sans compter que le potentiel de valorisation s’est amenuisé, avec des ratios cours/bénéfices qui ont fortement progressé. Plusieurs experts s’attendent à un regain de volatilité sur les marchés boursiers américains et européens, avec par exemple des variations attendues entre -10% et +10% sur le CAC 40. L’indice boursier allemand, le DAX, devrait s’orienter à la baisse pour s’aligner sur le cycle économique et le NASDAQ, l’indice boursier technologique américain devrait potentiellement chuter de près de 20%, face aux risques de régulation des situations monopolistiques outre-Atlantique.

L’impact sur les entreprises européennes

En Europe, les sociétés cotées devraient de nouveaux gâter leurs actionnaires cette année, au travers d’une politique de rachats d’actions et de versements de dividendes. Selon une étude d’Allianz Global Investors, les entreprises de l’indice MSCI Europe devraient verser à leurs actionnaires des dividendes record en 2020, avec un montant estimé à 359 milliards d’euros, soit une hausse de +3,6% par rapport au précédent exercice.

Du côté des petites et moyennes capitalisations, la situation est totalement différente. En effet, c’est la classe d’actifs qui a le plus souffert en 2018 et qui a le moins rattrapé en 2019. L’indice CAC Small, qui représente un panel d’entreprises françaises de petites capitalisations, a ainsi repris seulement 15,2% en 2019, après avoir abandonné 28% en 2018. Les inquiétudes sur la guerre commerciale sino-américaine, sur le Brexit ou encore sur le ralentissement de la croissance mondiale ont poussé les investisseurs à rester prudents en privilégiant les grosses capitalisations. Selon Louis Albert, directeur général de la société de gestion IDAM, « Le marché des petites et moyennes capitalisations, qu’il soit français ou européen, offre aujourd’hui des opportunités particulièrement intéressantes ».

Pour conclure, l’année 2020 devrait rester une année positive sur les marchés financiers, mais qui sera marqué par d’importantes disparités entre différentes classes d’actifs. Elle sera très probablement moins spectaculaire que 2019. De plus, les incertitudes politiques et économiques ainsi que l’impact du coronavirus pourraient générer une importante volatilité sur les marchés boursiers. D’où l’importance de bien diversifier ces investissements, en privilégiant des valeurs refuges, comme l’immobilier ou l’or.

************************************************************************

Les appréciations formulées dans ce document reflètent l’opinion de leurs auteurs (sociétés de gestion partenaires) à sa date de publication et sont susceptibles d’être révisées ultérieurement et à tout moment. Ce document n’a pas pour objet d’être une offre ou une sollicitation d’achat ou de vente de quelque instrument financier que ce soit.